RAISONS DE L'ARRET D'UN TRAITEMENT PAR PRESSION  POSITIVE CONTINUE NASALE CHEZ DES PATIENTS SAOS

           

C.Person, N.Meslier, L.Tome, C.Leménager, JL.Racineux.

Unité de pathologie du sommeil.

Service de Pneumologie,  CHU Angers.

 

Pour étudier les motifs d'arrêt du traitement par PPCN, nous avons comparé 87 patients compliants et 42 patients désappareillés.

Les 87 patients "compliants" étaient vus en consultation de surveillance entre 03/96 et 04/97, ils étaient appareillés depuis 26+/-16 mois. Ils ne présentaient pas de pathologie cardiopulmonaire associée et ne prenaient aucun traitement psychotrope. Les 42 patients "non compliants" ont abandonné le traitement après  6+/-5  mois.

L' évaluation initiale associait pour tous les patients un autoquestionnaire analysant les symptômes (qualité du sommeil, ronflements, somnolence diurne) et une polysomnographie.

Le traitement par PPCN était instauré après détermination du niveau de pression nécessaire lors d'une seconde polysomnographie.

L'efficacité et les effets secondaires de la PPCN étaient collectés par questionnaires validés lors de consultations de suivi pour les patients compliants. Un questionnaire spécifique a été envoyé aux patients désappareillés : 42 réponses ont été analysables.

Tous les patients avaient un SAOS sévère (IAH 69,4 chez les compliants / 57 chez les non compliants). La répartition hommes / femmes et l'âge des patients étaient les mêmes dans les deux groupes. La comparaison entre les deux groupes a montré que les patients ayant abandonné la PPCN avaient significativement un BMI moins élevé, un SAS moins sévère fait surtout d'hypopnées avec un index d'apnées bas , une meilleure qualité de sommeil avant appareillage que les patients compliants. La symptomatologie initiale ne différait pas dans les deux groupes sauf la notion d'apnées notées par la(e) conjoint(e) plus fréquente chez les compliants. Pendant le suivi, les patients non compliants se sont plaints plus fréquemment d'une symptomatologie de mouvements périodiques de jambe et d'effets secondaires plus gênants.

Ces résultats sont inchangés en distingant actifs et retraités.

Les principales raisons invoquées pour l'arrêt du traitement par PPCN ont été l'intolérance du conjoint (47,4 %), les effets secondaires (45,2%), et  les difficultés d'habituation / d'acceptation de l'appareillage par le patient lui même (40,5 %).

 

En conclusion, dans cette étude, l'abandon de la PPCN n'est pas en rapport avec la somnolence diurne initiale, mais avec le BMI, la qualité du sommeil et l' index d'apnées (bas) avant appareillage, et la tolérance du conjoint.